La semaine dernière, en plein mois des fiertés, les gouverneurs de la LNH annonçaient, par la voix de leur commissaire Gary Bettman, le retrait du chandail aux couleurs des fiertés LGBTQ+, ainsi que tous les autres chandails spéciaux portés lors des périodes d’échauffement (Histoire des Noir·es, cancer, etc.). Les quelque 7 joueurs et 3 équipes ayant refusé de porter le chandail de la soirée de la fierté ont eu raison de cette initiative causant trop “de distraction” pour le commissaire et ses gouverneurs : “This way we’re keeping the focus on the game.” Aujourd’hui, cette nouvelle annonce jette une chape de plomb sur les avancées obtenues dans un milieu encore généralement hostile à la diversité et à la différence.
Que la LNH recule aussi rapidement sur des valeurs d’inclusion et d’égalité après quelques controverses impliquant une minorité de joueurs et d’organisations ne peut que soulever des questions sur leur réel engagement. Surtout que cette annonce s’inscrit dans un contexte international et, plus précisément, nord-américain de recul des droits des personnes issues de la diversité sexuelle et de genre. Impossible de passer sous silence les centaines de lois passées et à venir aux États-Unis forçant les personnes trans et non-binaires à retourner dans le placard et les empêchant d’avoir accès aux soins de santé qu’iels ont besoin. Dans le sport, l’inclusion des personnes LGBTQ+ est remise en cause, comme le montre la décision de la Fédération internationale d’athlétisme d’exclure les personnes trans des compétitions féminines.
Le milieu du hockey n’est pas exempt de discrimination, bien au contraire. Les sorties publiques de joueurs ne sont pas des cas isolés, mais bien un symptôme du climat toxique pour les personnes LGBTQ+ au sein du sport. On apprenait, dans un rapport d’Hockey Canada, que 61 % des 512 pénalités appelées pour des cas de discrimination comptabilisés en 2021-2022 portaient sur l’orientation sexuelle ou l’identité sexuelle. La majorité ayant eu lieu chez les moins de 18 ans.
Le rôle des allié·es, personnes et organisations confondues, est d’autant plus crucial! Iels se doivent de dénoncer les discriminations, l’intolérance et la haine envers les personnes LGBTQ+. La réaction de repli de la LNH face à l’intolérance de certains de ses joueurs envers les personnes LGBTQ+ envoie un message clair pas seulement à ses fans, mais à toutes les personnes impliqué·es dans le hockey à tous les niveaux. On leur confirme que même dans la plus grande ligue professionnelle de hockey, les personnes LGBTQ+ sont une distraction et qu’il n’est pas nécessaire de travailler à leur inclusion. La LNH se doit de faire mieux!
Équipe Montréal ne peut que déplorer la situation et se demander pourquoi autant de silence au Québec entourant cette annonce. Aucune réaction des gouvernements, des médias couvrant les activités de la ligue, du Canadien de Montréal ou des organisations travaillant dans le milieu du sport. Du côté anglophone, des voix se sont élevées, les Oilers d’Edmonton ont assuré continuer de tenir la soirée de la fierté, des chroniqueur·es ont exprimé leur désaccord. Équipe Montréal s’attend à ce que cette décision soit dénoncée et que soit affirmées haut et fort les valeurs d’ouverture à la diversité, d’inclusion et d’équité partout dans la société et particulièrement dans le sport.
Nous demandons à nos élu·es de nous soutenir dans notre dénonciation de la décision de la LNH et de réitérer leur engagement envers les personnes LGBTQ+ dans tous les milieux, dont le milieu sportif. Résistons à la montée de l’intolérance, soyons fier·ères de notre ouverture et restons vigilant·es face au ressac.
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